Nous avons toujours refusé la langue de bois et opté pour le franc-parler. Nous avons ici et ailleurs toujours tenu le même discours, celui de la transparence, de l’ouverture et des valeurs humaines qui ont fondé cet état d’esprit propre à Ossabois.
Nous l’avons fait quand tout allait bien. Nous voulons rester fidèles à nous mêmes et parler avec sincérité de la crise que nous subissons et qui nous contraint à réaliser un plan social pour l’emploi.
D’où nous venons
Quand j’ai créé Ossabois, en 1981, j’étais animé par une passion et une conviction. La passion était celle que j’avais éprouvée pour les constructions en bois découvertes lors d’un voyage dans les pays nordiques. Ma conviction était que le bon sens l’emporterai et qu’un jour la construction bois verrait ses qualités reconnues et qu’Ossabois pourrait alors jouer un rôle important dans l’émergence d’une filière bois efficace, pragmatique, professionnelle.
Il n’a pas été facile de faire valoir ces idées. Le traditionalisme en vigueur dans la construction marginalisait les autres modes constructifs. On m’a parfois pris pour un utopiste, voire un original. Mais j’ai persévéré. J’ai investi mon temps, mes économies dans mon projet professionnel, devenu un projet de vie. J’ai réuni d’autres utopistes et nous avons réussi à nous faire une petite place dans ce secteur d’activité.
Puis nous avons décidé d’aller plus loin. Nous avons industrialisé la construction, pour réduire les coûts, les délais et mieux contrôler la qualité. Ossabois a, dès lors, connu un essor important.
Le second moteur de développement est venu avec l’avènement des enjeux environnementaux. Le Grenelle de l’Environnement, la question du réchauffement climatique et de la lutte contre l’effet de serre : déjà sensibles à la problématique environnementale, nous avons compris que le moment était venu, et qu’il fallait mettre les moyens pour faire face à la croissance du marché de l’ossature bois tant annoncé.
Les qualités du bois et du mode constructif choisi par Ossabois nous ont propulsés sur les devants de la scène. Et Ossabois est devenu le leader de la construction bois en France.
Nous avons alors souhaité investir dans l’acquisition de moyens humains et techniques supplémentaires et avons décidé d’ouvrir un second site de production. C’est alors que nous avons entendu parler de cette usine Seb, dans les Vosges et de la tentative avortée de reprise par Modulex. L’idée de transformer cette usine, qui fabriquait des mini fours et des grille-pains, en usine d’ossature bois, et la possibilité de redonner de l’emploi aux salariés sur le carreau, nous à semblé être un challenge formidable.
Alors nous l’avons fait. Nous avons proposé de reprendre l’usine, de la transformer et de former les salariés à notre métier. Pour certains, le pari paraissait impossible. Mais nous y avons cru. Ceux qui avaient intérêt à préserver l’emploi dans la région nous ont promis des aides. Promesses, pas toujours tenues. Mais peu importe, le pari humain était beau.
Ce fut une réussite totale. Les anciens de Seb sont devenus des salariés d’Ossabois, attentifs et efficaces.
Durant nos années de très forte croissance, nous sommes restés ouvert sur le monde et avons tenu à respecter nos convictions et notre promesse d’agir pour l’ensemble e la filière bois. Nous avons participé très activement à la création de Destination Bois, association regroupant les acteurs de la filière bois, afin d’aider tous les acteurs à s’inscrire dans le développement des maisons à ossature bois. Avec Destination bois, nous avons créé le salon Résidence Bois pour promouvoir le secteur.
Ensuite, conscients depuis près de 30 ans que le bois Français, voir local était une matière évidente pour la réalisation de nos maisons bois, nous avons encore une fois participé activement à une action collective, et c’est ainsi qu’est né le Pôle Bois du Haut Forez, fédérant tous les acteurs de la filière bois de la région et permettant enfin d’exploiter les ressources locales.
Pourquoi rappeler tout cela ?
Parce qu’il est nécessaire de rappeler les valeurs qui ont été les nôtres quand tout allait bien, car ce sont celles qui prévalent également, en période de crise.
Parce qu’il est nécessaire d’apprécier la situation de crise en regard de notre histoire.
Quelle est cette situation ?
La situation
Ossabois n’a pas été épargné par la crise. Sur son secteur historique, la maison individuelle, mais surtout sur le marché de la résidence de tourisme, les commandes ont chuté. Et comme la majorité des acteurs de l’immobilier nous avons du faire face aux problèmes financiers causés par cette crise.
Plutôt que de réaliser un plan social préventif, comme beaucoup d’acteurs, nous avons cherché à préserver les emplois par tous les moyens à notre disposition : réduction des dépenses, recapitalisation, nouvelle organisation.
Nous avons redéployé nos efforts et avons abordé de nouveaux marchés, plus porteurs et relativement préservés, tel que le logement social et la maison pour primo accédants.
Mais, malgré des réussites dans ces domaines, l’activité de 2009 et de début 2010, reste inférieure aux besoins de l’entreprise.
Dès lors, pour adapter l’entreprise à la baisse d’activité, pour « passer » le gué, et être là demain, nous avons été contraints de réduire les charges de l’entreprise de manière substantielle, et, pour cela, décider d’un plan social pour l’emploi.
Celui-ci porte sur le licenciement économique d’une quarantaine de collaborateurs, répartis sur l’ensemble des services, les 2 usines sont concernées, ainsi que les agences régionales Ossabois, ramenant l’effectif à un peu moins de 200 personnes.
Certaines grandes entreprises ont pris l’habitude de licencier pour préserver les bénéfices de leurs actionnaires.
Ce n’est pas notre cas.
En regard de notre histoire et de nos valeurs, tout le monde peut comprendre que la décision n’a pas été facile à prendre.
Le plan social pour l’emploi est l’ultime mesure que nous avons envisagée pour conserver la chance de rebondir sur un marché considéré comme le marché ayant l’un des plus forts potentiels dans les mois, les années à venir.
Où nous allons
Mais fidèles à nous-mêmes, nous envisageons l’avenir de manière positive. Le carnet de commande, correspondant actuellement à 9 mois de chiffre d’affaires, permet de penser qu’un niveau d’activité acceptable devrait être atteint assez rapidement. Nous pourrons alors aller de l’avant et, ainsi, faire la part belle à la dynamique humaine qui a transformé une passion et une conviction en une entreprise porteuse de sens.
Nous, chez OSSABOIS, nous sommes capables de réaliser des maisons BBC pour un coût de 1000 euros le m2 et en plus en utilisant du bois local ! me suis-je entendu dire alors que je m’adressais au téléviseur.
C’est la stratégie d’