Nous assistons ces dernières années à un triomphe de la raison sur la bêtise, les idées reçues tombent les unes après les autres. Le pétrole n’est pas éternel ! La vie sur notre planète n’est pas assurée pour toujours, il faut changer nos comportements ! Acheter une maison en bois est un acte sérieux et fonctionnel, comme le dit Jean-Jacques Fresko, rédacteur en chef de la revue Terre Sauvage. Les idées reçues sur le bois perdent du terrain et ce matériau valorise désormais ses véritables atouts. Mais il reste encore quelques tabous à battre en brèche !
C’est en lisant un excellent édito de Jean Jacques Fresko rédacteur en chef de la non moins excellente revue « Terre Sauvage » * que m’est venue l’idée de cet article. Sa démonstration est percutante, elle illustre avec talent la conviction qui m’anime et le combat que je mène depuis près de 30 ans. Comment lutter contre ce conte des 3 petits cochons datant de plusieurs siècles que chaque enfant dès son plus jeune âge s’est vu raconter maintes fois. Comment lutter contre l’hyper puissance des lobbies du béton qui occupent le champ médiatique face à une filière bois démunie de moyens financiers et dont les 1000 et 1 avantages ont dû mal à trouver un écho dans la presse ? La marmite bout. Elle attend le grand méchant loup.
Eglise de la transfiguration Turchasovo Russie datant de 1781 et construite en bois !
Photo parue dans le Monde du 25 mars 2010
Idées toutes faites
Il est difficile de lutter contre les idées toutes faites et, bien souvent, mal faites. L’inconscient collectif véhicule de nombreux préjugés issus de croyances, de fausses informations sciemment diffusées voir de contes (les 3 petits cochons et leurs trois maisons !)
Les croyances sur le bois ont longtemps fait croire qu’il n’était qu’un matériau de substitution, mal adapté aux contraintes de la construction. Le bois brule, le bois s’abime, le bois nécessite un entretien permanent… voilà ce que nous entendions, chez Ossabois, quand, pionniers de la construction bois, nous rencontrions nos premiers clients il y a près de trente ans.
Au-delà, le lobbying du béton a longtemps imposé ses vues. Le béton était, selon les professionnels du secteur, le seul matériau capable de permettre des constructions fiables, pérennes et économiques.
Le triomphe de la raison
Deux approches ont permis de combattre ces idées reçues : l’information et la logique.
Concernant l’information, il nous a fallu répéter sans cesse les arguments basés sur des faits scientifiquement prouvés :
- Le bois est un matériau fiable, solide, pérenne. Les preuves abondent en ce sens ! Il n’y a qu’à citer les cathédrales ou les demeures plusieurs fois centenaires pour le comprendre. Et pour prendre des exemples plus récents, les constructions nord américaines (Canada et USA) ou encore Allemandes et Scandinaves, démontrent l’intérêt du bois dans la construction d’habitation solides et esthétiques.
- Le bois brûle moins vite que les autres matériaux ! Les études l’ont prouvé. Sa structure empêche le feu de progresser rapidement. Et il transmet la chaleur 10 fois moins vite que le béton et 250 fois moins vite que l'acier !
- Le bois ne nécessite pas ou peu d’entretien. Pas plus que les autres matériaux du moins, lorsqu’il est utilisé de manière professionnelle.
La dynamique réglementaire
A la raison a succédé la contrainte. Une contrainte fondée sur une logique nécessaire et essentielle. En effet, c’est le Grenelle de l’environnement et la réglementation thermique qui ont permis aux matériaux écologiques, dont le bois est le symbole suprême, de faire valoir leurs atouts.
Aujourd’hui, particuliers et maîtres d’œuvres publics ou privés en sont convaincus, le bois le matériau le plus intéressant d’un point de vue environnemental.
Mais la France accuse encore un sérieux retard vis-à-vis de ses voisins. Car si notre domaine forestier est l’un des plus vastes d’Europe, seulement 7% des constructions d’habitation individuelles sont en bois contre 30% en Allemagne et 60% en Scandinavie.
Pour quelles raisons ?
Parce que si les mentalités évoluent, elles le font lentement. Ensuite, sans doute parce que la filière bois n’est pas encore suffisamment structurée. Enfin, parce que les modes constructifs utilisés sont souvent artisanaux et mal adaptés aux situations.
Un mode constructif pertinent
Le 5D Process, mode constructif créé par Ossabois et basé sur l’industrialisation du bâti et d’une partie du second œuvre, offre une perspective intéressante. La presse s’y intéresse beaucoup, les professionnels nous réclament des informations et de nombreux maîtres d’ouvrages publics et privés nous font confiance pour leurs réalisations.
Mais pour que le 5D Process, ou toute autre forme d’industrialisation de la construction, puisse pleinement s’imposer, il faut là encore lutter contre les idées préconçues, et les habitudes héritées du passé, il en est ainsi de l’idée que la construction d’une maison doit faire appel à une douzaine de corps d’états séparés et durer de 9 à 12 mois. Et bien chez Ossabois, grâce au 5D Process, 3 équipes pluridisciplinaires et 3 mois sont suffisants pour la réalisation d’une maison individuelle !
Mais, nous sommes confiants. « Lutter contre les idées reçues » est notre combat depuis 30 ans. A force de démonstration et avec une détermination sans cesse plus forte, nous y parvenons, petit à petit.
La raison finit toujours par l’emporter. On va leur montrer avec quel bois nous chauffons notre marmite… celle dans laquelle finit toujours par tomber le grand méchant loup.
Nous, chez OSSABOIS, nous sommes capables de réaliser des maisons BBC pour un coût de 1000 euros le m2 et en plus en utilisant du bois local ! me suis-je entendu dire alors que je m’adressais au téléviseur.
C’est la stratégie d’