Idées et propos sur la construction en bois par Pascal Chazal PDG du Groupe OSSABOIS

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mardi 30 mars 2010

Les idées reçues reculent. Le bois avance…

Nous assistons ces dernières années à un triomphe de la raison sur la bêtise, les idées reçues tombent les unes après les autres. Le pétrole n’est pas éternel ! La vie sur notre planète n’est pas assurée pour toujours, il faut changer nos comportements ! Acheter une maison en bois est un acte sérieux et fonctionnel, comme le dit Jean-Jacques Fresko, rédacteur en chef de la revue Terre Sauvage. Les idées reçues sur le bois perdent du terrain et ce matériau valorise désormais ses véritables atouts. Mais il reste encore quelques tabous à battre en brèche !

C’est en lisant un excellent édito de Jean Jacques Fresko rédacteur en chef de la non moins excellente revue « Terre Sauvage » * que m’est venue l’idée de cet article. Sa démonstration est percutante, elle illustre avec talent la conviction qui m’anime et le combat que je mène depuis près de 30 ans. Comment lutter contre ce conte des 3 petits cochons datant de plusieurs siècles que chaque enfant dès son plus jeune âge s’est vu raconter maintes fois. Comment lutter contre l’hyper puissance des lobbies du béton qui occupent le champ médiatique face à une filière bois démunie de moyens financiers et dont les 1000 et 1 avantages ont dû mal à trouver un écho dans la presse ? La marmite bout. Elle attend le grand méchant loup.

Voir l'édito de Terre sauvage

Eglise de la transfigurationEglise de la transfiguration Turchasovo Russie datant de 1781 et construite en bois !
Photo parue dans le Monde du 25 mars 2010

Idées toutes faites

Il est difficile de lutter contre les idées toutes faites et, bien souvent, mal faites. L’inconscient collectif véhicule de nombreux préjugés issus de croyances, de fausses informations sciemment diffusées voir de contes (les 3 petits cochons et leurs trois maisons !)
Les croyances sur le bois ont longtemps fait croire qu’il n’était qu’un matériau de substitution, mal adapté aux contraintes de la construction. Le bois brule, le bois s’abime, le bois nécessite un entretien permanent… voilà ce que nous entendions, chez Ossabois, quand, pionniers de la construction bois, nous rencontrions nos premiers clients il y a près de trente ans.
Au-delà, le lobbying du béton a longtemps imposé ses vues. Le béton était, selon les professionnels du secteur, le seul matériau capable de permettre des constructions fiables, pérennes et économiques.

Le triomphe de la raison

Deux approches ont permis de combattre ces idées reçues : l’information et la logique.
Concernant l’information, il nous a fallu répéter sans cesse les arguments basés sur des faits scientifiquement prouvés :
- Le bois est un matériau fiable, solide, pérenne. Les preuves abondent en ce sens ! Il n’y a qu’à citer les cathédrales ou les demeures plusieurs fois centenaires pour le comprendre. Et pour prendre des exemples plus récents, les constructions nord américaines (Canada et USA) ou encore Allemandes et Scandinaves, démontrent l’intérêt du bois dans la construction d’habitation solides et esthétiques.
- Le bois brûle moins vite que les autres matériaux ! Les études l’ont prouvé. Sa structure empêche le feu de progresser rapidement. Et il transmet la chaleur 10 fois moins vite que le béton et 250 fois moins vite que l'acier !
- Le bois ne nécessite pas ou peu d’entretien. Pas plus que les autres matériaux du moins, lorsqu’il est utilisé de manière professionnelle.

La dynamique réglementaire

A la raison a succédé la contrainte. Une contrainte fondée sur une logique nécessaire et essentielle. En effet, c’est le Grenelle de l’environnement et la réglementation thermique qui ont permis aux matériaux écologiques, dont le bois est le symbole suprême, de faire valoir leurs atouts.
Aujourd’hui, particuliers et maîtres d’œuvres publics ou privés en sont convaincus, le bois le matériau le plus intéressant d’un point de vue environnemental.
Mais la France accuse encore un sérieux retard vis-à-vis de ses voisins. Car si notre domaine forestier est l’un des plus vastes d’Europe, seulement 7% des constructions d’habitation individuelles sont en bois contre 30% en Allemagne et 60% en Scandinavie.
Pour quelles raisons ?
Parce que si les mentalités évoluent, elles le font lentement. Ensuite, sans doute parce que la filière bois n’est pas encore suffisamment structurée. Enfin, parce que les modes constructifs utilisés sont souvent artisanaux et mal adaptés aux situations.

Un mode constructif pertinent

Le 5D Process, mode constructif créé par Ossabois et basé sur l’industrialisation du bâti et d’une partie du second œuvre, offre une perspective intéressante. La presse s’y intéresse beaucoup, les professionnels nous réclament des informations et de nombreux maîtres d’ouvrages publics et privés nous font confiance pour leurs réalisations.
Mais pour que le 5D Process, ou toute autre forme d’industrialisation de la construction, puisse pleinement s’imposer, il faut là encore lutter contre les idées préconçues, et les habitudes héritées du passé, il en est ainsi de l’idée que la construction d’une maison doit faire appel à une douzaine de corps d’états séparés et durer de 9 à 12 mois. Et bien chez Ossabois, grâce au 5D Process, 3 équipes pluridisciplinaires et 3 mois sont suffisants pour la réalisation d’une maison individuelle !
Mais, nous sommes confiants. « Lutter contre les idées reçues » est notre combat depuis 30 ans. A force de démonstration et avec une détermination sans cesse plus forte, nous y parvenons, petit à petit. La raison finit toujours par l’emporter. On va leur montrer avec quel bois nous chauffons notre marmite… celle dans laquelle finit toujours par tomber le grand méchant loup.

lundi 18 janvier 2010

Faire face à la crise et à nos responsabilités

Nous avons toujours refusé la langue de bois et opté pour le franc-parler. Nous avons ici et ailleurs toujours tenu le même discours, celui de la transparence, de l’ouverture et des valeurs humaines qui ont fondé cet état d’esprit propre à Ossabois.
Nous l’avons fait quand tout allait bien. Nous voulons rester fidèles à nous mêmes et parler avec sincérité de la crise que nous subissons et qui nous contraint à réaliser un plan social pour l’emploi.

D’où nous venons

Quand j’ai créé Ossabois, en 1981, j’étais animé par une passion et une conviction. La passion était celle que j’avais éprouvée pour les constructions en bois découvertes lors d’un voyage dans les pays nordiques. Ma conviction était que le bon sens l’emporterai et qu’un jour la construction bois verrait ses qualités reconnues et qu’Ossabois pourrait alors jouer un rôle important dans l’émergence d’une filière bois efficace, pragmatique, professionnelle.

Il n’a pas été facile de faire valoir ces idées. Le traditionalisme en vigueur dans la construction marginalisait les autres modes constructifs. On m’a parfois pris pour un utopiste, voire un original. Mais j’ai persévéré. J’ai investi mon temps, mes économies dans mon projet professionnel, devenu un projet de vie. J’ai réuni d’autres utopistes et nous avons réussi à nous faire une petite place dans ce secteur d’activité.

Puis nous avons décidé d’aller plus loin. Nous avons industrialisé la construction, pour réduire les coûts, les délais et mieux contrôler la qualité. Ossabois a, dès lors, connu un essor important.
Le second moteur de développement est venu avec l’avènement des enjeux environnementaux. Le Grenelle de l’Environnement, la question du réchauffement climatique et de la lutte contre l’effet de serre : déjà sensibles à la problématique environnementale, nous avons compris que le moment était venu, et qu’il fallait mettre les moyens pour faire face à la croissance du marché de l’ossature bois tant annoncé.
Les qualités du bois et du mode constructif choisi par Ossabois nous ont propulsés sur les devants de la scène. Et Ossabois est devenu le leader de la construction bois en France.

Nous avons alors souhaité investir dans l’acquisition de moyens humains et techniques supplémentaires et avons décidé d’ouvrir un second site de production. C’est alors que nous avons entendu parler de cette usine Seb, dans les Vosges et de la tentative avortée de reprise par Modulex. L’idée de transformer cette usine, qui fabriquait des mini fours et des grille-pains, en usine d’ossature bois, et la possibilité de redonner de l’emploi aux salariés sur le carreau, nous à semblé être un challenge formidable.
Alors nous l’avons fait. Nous avons proposé de reprendre l’usine, de la transformer et de former les salariés à notre métier. Pour certains, le pari paraissait impossible. Mais nous y avons cru. Ceux qui avaient intérêt à préserver l’emploi dans la région nous ont promis des aides. Promesses, pas toujours tenues. Mais peu importe, le pari humain était beau.
Ce fut une réussite totale. Les anciens de Seb sont devenus des salariés d’Ossabois, attentifs et efficaces.

Durant nos années de très forte croissance, nous sommes restés ouvert sur le monde et avons tenu à respecter nos convictions et notre promesse d’agir pour l’ensemble e la filière bois. Nous avons participé très activement à la création de Destination Bois, association regroupant les acteurs de la filière bois, afin d’aider tous les acteurs à s’inscrire dans le développement des maisons à ossature bois. Avec Destination bois, nous avons créé le salon Résidence Bois pour promouvoir le secteur.

Ensuite, conscients depuis près de 30 ans que le bois Français, voir local était une matière évidente pour la réalisation de nos maisons bois, nous avons encore une fois participé activement à une action collective, et c’est ainsi qu’est né le Pôle Bois du Haut Forez, fédérant tous les acteurs de la filière bois de la région et permettant enfin d’exploiter les ressources locales.

Pourquoi rappeler tout cela ?
Parce qu’il est nécessaire de rappeler les valeurs qui ont été les nôtres quand tout allait bien, car ce sont celles qui prévalent également, en période de crise.
Parce qu’il est nécessaire d’apprécier la situation de crise en regard de notre histoire.
Quelle est cette situation ?

La situation

Ossabois n’a pas été épargné par la crise. Sur son secteur historique, la maison individuelle, mais surtout sur le marché de la résidence de tourisme, les commandes ont chuté. Et comme la majorité des acteurs de l’immobilier nous avons du faire face aux problèmes financiers causés par cette crise.

Plutôt que de réaliser un plan social préventif, comme beaucoup d’acteurs, nous avons cherché à préserver les emplois par tous les moyens à notre disposition : réduction des dépenses, recapitalisation, nouvelle organisation.

Nous avons redéployé nos efforts et avons abordé de nouveaux marchés, plus porteurs et relativement préservés, tel que le logement social et la maison pour primo accédants.
Mais, malgré des réussites dans ces domaines, l’activité de 2009 et de début 2010, reste inférieure aux besoins de l’entreprise.

Dès lors, pour adapter l’entreprise à la baisse d’activité, pour « passer » le gué, et être là demain, nous avons été contraints de réduire les charges de l’entreprise de manière substantielle, et, pour cela, décider d’un plan social pour l’emploi.
Celui-ci porte sur le licenciement économique d’une quarantaine de collaborateurs, répartis sur l’ensemble des services, les 2 usines sont concernées, ainsi que les agences régionales Ossabois, ramenant l’effectif à un peu moins de 200 personnes.

Certaines grandes entreprises ont pris l’habitude de licencier pour préserver les bénéfices de leurs actionnaires.
Ce n’est pas notre cas.
En regard de notre histoire et de nos valeurs, tout le monde peut comprendre que la décision n’a pas été facile à prendre.
Le plan social pour l’emploi est l’ultime mesure que nous avons envisagée pour conserver la chance de rebondir sur un marché considéré comme le marché ayant l’un des plus forts potentiels dans les mois, les années à venir.

Où nous allons

Mais fidèles à nous-mêmes, nous envisageons l’avenir de manière positive. Le carnet de commande, correspondant actuellement à 9 mois de chiffre d’affaires, permet de penser qu’un niveau d’activité acceptable devrait être atteint assez rapidement. Nous pourrons alors aller de l’avant et, ainsi, faire la part belle à la dynamique humaine qui a transformé une passion et une conviction en une entreprise porteuse de sens.

mardi 22 décembre 2009

Le village gaulois

Récemment, lors d’une émission de télévision, le ministre de l’environnement disait à quel point il était important de proposer des maisons environnementales aux primo-accédants. A la question « pourquoi n’est-ce pas aujourd’hui le cas ? », le ministre déplorait l’incapacité actuelle des constructeurs à réaliser des maisons BBC à faibles coûts… J’ai alors bondi devant mon téléviseur !

Nous, chez OSSABOIS, nous sommes capables de réaliser des maisons BBC pour un coût de 1000 euros le m2 et en plus en utilisant du bois local ! me suis-je entendu dire alors que je m’adressais au téléviseur.
Un cri du cœur qui m’a valu des regards inquiets de mon épouse et de mes enfants…

J’ai alors dû leur expliquer les raisons de mon ardeur.
Aujourd’hui, il est admis de reconnaître que les constructeurs sont incapables de réaliser des logements BBC à faibles coûts. Tout le monde se range derrière une logique assez simple, voire simpliste : faire du BBC revient à rajouter des équipements, des prestations, donc à accroître les coûts. Selon ces caciques, il faut attendre que la demande soit suffisamment importante pour permettre une baisse des coûts.

Selon moi, il s’agit là d’un effet pervers de la pensée unique qui guide les constructeurs traditionnels. Et face à la pensée unique, il faut affirmer ses idées, ses convictions et donner des preuves. Même si on est isolé. Et même si on a parfois l’impression d’être un village gaulois au cœur assiégé par les idées reçues. Et comme le célèbre village gaulois (dont les maisons étaient en bois !) nous possédons une potion magique !

Comme le disaient les sages « si la réponse ne te convient pas, change la question ». Et c’est ce que nous avons fait chez OSSABOIS.
Si la construction traditionnelle ne peut pas offrir de réponse à cette attente de logement BBC à faibles coûts, c’est qu’il faut changer le mode de construction.
Il faut, en effet, intégrer les enjeux majeurs en amont de la réflexion et adapter la production en fonction.
Quels sont les enjeux ? Produire des maisons écologiques, plus confortables, plus qualitatives, dans des délais plus courts et… moins chères.
Il est vrai que vu sous cet angle la problématique paraît complexe.
Pas si on s’attaque aux problèmes essentiels : ceux qui font perdre du temps et de l’argent aux constructeurs, occasionnent des problèmes de qualité et, par conséquence, les empêchent de réaliser des maisons environnementales de qualité et peu chères.
Et le cœur du problème réside, pour un constructeur traditionnel, dans la nécessité d’organiser la succession des multiples taches que doivent effectuer de très nombreux corps de métiers. Les dysfonctionnements sont nombreux : retards, erreurs, défauts, incompréhension, etc.
Sans compter les conséquences des aléas de la météo.

C’est pourquoi nous avons très tôt opté pour une approche radicalement différente : l’industrialisation de la construction. En décidant de fabriquer en atelier la plus grande partie du gros œuvre et une partie du second œuvre nous sommes parvenus à résoudre un grand nombre de dysfonctionnements (organisation, contrôle qualité, respect des délais), à réduire le délai de chaque chantier (3 mois), à réduire le nombre d’intervenants (3 équipes contre 12 corps de métiers sur un chantier traditionnel) donc… à réduire les coûts de production.

Et comme réaliser des constructions environnementales constitue le fondement même de notre vocation, il nous est possible de proposer des maisons écologiques à 1000 euros/m2 !

C’est cela la potion magique d’OSSABOIS. Elle porte d’ailleurs un nom : la 5D Process !
Mais je vous en parlerai plus longuement dans mon prochain article.

lundi 5 octobre 2009

Industrialisation = standardisation ou créativité ?

Le salon H’Expo qui a eu lieu mi-septembre à Toulouse a permis à Ossabois de présenter son savoir-faire, ses réalisations mais aussi et surtout d’éprouver la pertinence de notre démarche d’industrialisation de la construction.

A la demande des organisateurs, je suis intervenu durant le congrès sur le thème de l’industrialisation de la construction. Avant moi, de respectables confrères avaient abordé le sujet selon leur propre angle de vue. Le mien était de faire valoir une idée toute simple : industrialisation ne veut pas dire standardisation !
Mon précédent article faisait état des différents atouts de l’industrialisation pour répondre aux enjeux économiques et énergétiques que nous présente l’époque. N’y revenons pas. Mais il m’est apparu nécessaire de compléter ce tableau en insistant sur le fait que l’industrialisation ne s’oppose pas, contrairement aux idées reçues, à la créativité. Car c’est là le crédo de nos détracteurs ! Ils se retranchent derrière l’expérience de la préfabrication que nos pères ont connu après-guerre. Sauf que les choses ont changé ! Les méthodes ont évolué et le matériel n’est plus tout à fait le même !

Avec l’ingéniosité de l’informatique, les prouesses des machines à commandes numériques et la puissance des engins de levages, il est aujourd’hui possible de réaliser des constructions splendides !
Mais si la technologie a changé, les mentalités, elles, restent, bien souvent, les mêmes. Les professionnels de la construction restent arc-boutés sur des méthodes de travail traditionnelles, faisant la part belle à l’architecte et à sa créativité, laissant aux autres le soin de se débrouiller pour réaliser ce qui a été imaginé.
Or, pour industrialiser la construction, faire chuter les coûts et conserver un très haut niveau de création, il suffit d’appréhender les choses d’une manière différente.
Pour bénéficier de tous les attraits de l’industrie, il faut prendre en compte de nouvelles données le plus tôt possible et instaurer un travail collaboratif entre la maitrise d’ouvrage, la maitrise d’œuvre et les industriels.

La créativité est donc possible si elle est intégrée dans une réflexion globale. La preuve ? l’industrie automobile est capable de créer de superbes modèles, de faire varier les options tout en produisant sur un mode totalement industrialisé ! Une autre preuve ? Les références d’Ossabois : elles permettent de se rendre compte que jamais nous n’avons sacrifié la créativité architecturale à l’impératif industriel !
Il n’y avait qu’à voir les réactions enthousiastes des participants à la conférence pour comprendre que beaucoup l’ont déjà compris !

Copie du document présenté lors du Congrès

lundi 24 août 2009

Logements sociaux : Vouloir + et dépenser – Est-ce possible ?

Les temps de crise sont souvent révélateurs des dysfonctionnements et déséquilibres de notre société et de l’extrême nécessité de trouver de nouvelles solutions pour y remédier.
La construction de logements sociaux en est un parfait exemple : si la demande de ce type d’habitats est en forte croissance, la capacité des constructeurs à y répondre se heurte à un certains nombres de contraintes.

Des exigences accrues

Le logement social n’est plus le parent pauvre de la construction. Au contraire, le niveau d’exigence des bailleurs sociaux est très élevé, car plus que jamais lié à leur sens des responsabilités.
Exigences environnementales, tout d’abord. Le Grenelle de l’Environnement a permis de sensibiliser tous les acteurs à la nécessité de limiter les nuisances de la construction et à repenser les schémas classiques de performances énergétiques.
Exigences en termes de confort et d’esthétique architecturale. En effet, le logement social prend place dans des stratégies urbanistiques élaborées et s’impose de répondre aux attentes de la population en matière de bien-être, de qualité de vie.
Exigences financières, enfin, puisque la crise économique nous impose de revoir à la baisse les coûts de la construction.
Et c’est là que le bât blesse.

Un schéma dépassé ?

Vouloir plus, mieux et pour moins cher… ne sommes-nous pas face à une équation impossible à résoudre ?
Si nous nous référons aux schémas classiques de construction, nous sommes, de toute évidence, immédiatement confrontés à une contradiction de taille. En effet, la culture métier conduit à considérer toute construction comme étant unique et à engager à chaque fois un nouvel effort de conception, de réalisation et de mise en œuvre. Au centre de cette logique de l’éternelle création, le chantier est défini comme un espace-temps contraignant pour chaque acteur. Tous les corps de métier doivent s’y succéder et accomplir leur tâche le mieux possible, en fonction des conditions d’intervention. La qualité devient alors tributaire de l’organisation et de l’implication des acteurs, donc sujette aux aléas.
Dans cette optique, faire mieux et plus revient à faire plus cher.
Comme disait l’autre, si la réponse ne te donne pas satisfaction, change les termes de ta question.
Ce qui revient à dire que si les schémas traditionnels de construction ne permettent pas de résoudre l’équation, il est nécessaire de le redéfinir ou, mieux, d’en réinventer un autre.

L’autre voie

C’est la stratégie d’Ossabois : porter un regard neuf sur notre métier pour apporter de nouvelles réponses.
Ce faisant, nous nous sommes tout d’abord attaqués au cœur du système, c'est-à-dire à la réalisation de la construction sur le chantier qui concentre la presque totalité des problèmes : organisation compliquée des acteurs, nuisances sonores et visuelles, impact sur l’environnement, difficultés à respecter les délais et à maîtriser les coûts, etc.
Nous avons alors décidé d’industrialiser le système de production et de réduire le chantier à sa plus simple expression : le gros œuvre, l’assemblage de structures fabriquées en usine.
L’ensemble de la structure est donc réalisé en atelier et livré sur le chantier. Les opérations sur le chantier se rapprochant plus d’un assemblage d’éléments préfabriqués que d’opérations classiques de bâtiment et ne nécessitent que quelques jours et sont réalisées par des monteurs formés à cette nouvelle tâche.
Afin d’aller plus loin encore nous nous sommes ensuite attaqué à une autre source de dysfonctionnement, dispendieuse en temps et en argent : le second œuvre. Ici aussi, notre volonté est de réaliser le maximum d’opération en atelier afin d’apporter sur le chantier des équipements prêts à être posés et raccordée. Nous avons ainsi créé Aqualogis, nouveau concept de cellules techniques, incluant salles de bains, WC, locaux techniques,  entièrement réalisés en ateliers qu’il suffit de poser au bon emplacement à l’aide d’une grue.
En faisant valoir des performances environnementales remarquables, une esthétique architecturale et un confort exemplaire tout en réduisant les coûts et les délais, OSSABOIS a pu réaliser plus de 800 logements sociaux depuis 2004.
Mais nous souhaitons aller plus loin encore pour répondre aux défis lancés par la crise.

Aller plus loin

Pourquoi ne pas imaginer par exemple de créer des bibliothèque de composants qui permettraient aux acteurs, architectes, promoteurs, maîtres d’ouvrages, d’envisager la construction sur un mode plus rationnel donc plus efficace en termes de performances énergétiques, de coûts et de délais ?
Chaque élément de cette bibliothèque présenterait ses caractéristiques et son prix. Il suffirait de faire preuve de créativité dans la combinaison des solutions et dans leur habillage esthétique !
N’est-ce pas déjà ce qu’a accomplit l’industrie de l’automobile ? Des marques différentes partagent une même plateforme, un même moteur ou un ensemble de composants et parviennent ainsi à offrir une diversité de choix à des prix maîtrisés.
Pourquoi ne pas envisager la construction de logements sociaux selon une telle logique afin de garantir au plus grand nombre l’accès à des logements beaux, confortables et respectueux de l’environnement ? Pour ne pas rompre avec les pratiques corporatistes ? Pour ne pas porter atteinte à l’égo de ceux qui voient dans chaque réalisation une occasion de prouver leur créativité ?

Les défis qui nous attendent réclament de notre part d’être créatifs en amont de la chaine de réalisation, lors de la conception, de la sélection des matériaux, des études thermiques et acoustiques, de la réalisation des structures en atelier, de la définition de modules prêts à être installés et raccordés.
La créativité n’est plus aujourd’hui dans l’art, c'est-à-dire, par définition, dans la création d’objets uniques, rares et… chers.
Elle est dans la manière.
La manière d’entreprendre un projet, de le considérer dans sa complexité et d’être créatifs dans la définition de solutions pragmatiques.

lundi 13 juillet 2009

Pourquoi un blog ?

Créer un blog est sans doute l’une des dernières tendances créées par les gens de communication pour satisfaire l’égo de patrons narcissiques. Aussi, quand l’idée me fut suggérée, je l’accueillis plutôt froidement et renvoyait le projet à une date ultérieure.
Mais mon entourage m’opposa de nombreux arguments sensés.

Tout d’abord, je passe beaucoup (trop ?) de temps à présenter mon entreprise et à intervenir sur les enjeux de la construction bois. Passionné par le sujet, j’ai du mal à refuser les invitations, d’écoles, d’associations, d’organisme en tous genres. Idéalement, un blog me permettra de réduire mes déplacements en renvoyant certains contacts à ma prose numérique.

Par ailleurs, force est de constater que ce nombre croissant de sollicitations traduit l’intérêt grandissant de tous les publics pour la construction bois. Elus, promoteurs, constructeurs, étudiants… tout le monde prend la parole sur le sujet. J’entends et lis des propos souvent pertinents, parfois éculés ou tronqués. Le débat fait rage sur la question tant les enjeux sont importants. Il m’est donc impossible de rester extérieur aux échanges. Parce qu’OSSABOIS est le premier constructeur en bois de France et parce que nous avons été les précurseurs de l’industrialisation de la production, nous devons faire entendre notre voix, confier notre vision, participer aux échanges à des fins constructives.

Enfin, OSSABOIS a toujours défendu une idée noble de la construction bois. Allant parfois à l’encontre d’une démarche purement entrepreneuriale, dans le sens commercial et égocentrique du terme, nous avons défendu et défendons encore une vision ambitieuse à laquelle nous souhaitons associer tous les acteurs de la filière bois.
En effet, le contexte est favorable à notre métier :
- Les récentes déclarations de notre Président indiquent que les choix en matière de construction vont évoluer vers des solutions à la mise en œuvre rapide, économiquement rentables et respectueuses de l’environnement. La crise économique agit comme révélateur de cette problématique et va sans doute contribuer à accélérer le mouvement.
- La carence en matière de logements sociaux (seniors, primo-accédants, personnes à revenus modestes) est importante. Si elle est actuellement évaluée à 1 million de logements déficients par an (100 000 de plus chaque année), la crise va faire croître cette pénurie de manière sensible. La sortie de crise réclamera des solutions efficaces.
- Le Grenelle de l’Environnement a imposé de nouvelles règles en matière de construction. Les acteurs compétents sur le sujet vont devoir faire face à une demande croissante et avisée.

OSSABOIS n’a pas la prétention mégalomaniaque de répondre seul à ces défis. Au contraire, nous comptons, comme à notre habitude, mettre notre expérience et notre vision au service des acteurs de la filière bois. Car nous sommes persuadés qu’il ne sera possible de jouer notre rôle que dans une démarche d’ensemble préparée, professionnelle et cohérente.
C’est d’ailleurs dans ce sens que, ces dernières années, nous avons initié la création de l’Association Destination Bois, du Salon Résidence et Bois et du Pôle Bois du Haut Forez.

L’importance des enjeux suscite donc des convoitises, donc des débats. Voilà pourquoi il m’est apparu nécessaire de créer ce blog. Pour continuer à donner notre avis sur ce monde de la construction en cours de révolution et tenter de rassembler les acteurs autour d’une dynamique de développement profitable à tous.
Le plus sincèrement du monde.
Sans langue de bois.